Prison de Fleury-Mérogis : Le chant du Cygne, droit de réponse à la direction de la MA

 

Madame la cheffe d’établissement,

 

Nous tenons par la présente à exercer notre droit de réponse concernant votre laïus adressé aux personnels.

 

L’inondation de vos mails est très informelle et a des effets violents pour les personnels placés sous votre autorité.

 

On ne répond pas à une souffrance psychologique par un étalage de moyens matériels dont la moitié n’a pas été obtenu de votre fait !

 

Développons point par point votre argumentaire, où les notions de « disponibilités » et « à votre disposition » figurent à de nombreuses reprises. « Dialogue social et notion d’humanité » n’y figurent toujours pas, mais nous ne désespérons pas de vous amener sur cette thématique essentielle et légitime. Il est inutile de faire de faux semblants aux travers de vos écrits quand la majorité de votre personnel se plaint de votre absence de considération lorsqu’ils croisent votre route…

 

Concernant la liste des points évoqués, de nombreux sujets sont de la compétence des ACT venant des organisations syndicales. Qui plus est, lorsque vous évoquez les admissions en HO des personnes fragiles au sein de nos détentions, dont le terme a changé depuis juillet 2011 et qui est devenu « hospitalisation sous contrainte à la demande d’un représentant de l’état », il est de notre devoir de vous rappeler que cela relève de la compétence du préfet sur un dossier argumenté par le corps médical compétent. C’est faire insulte au travail de maillage du corps médical que d’écrire de telles inexactitudes, une de plus, hélas…

 

Nous vous invitons, dans l’évocation de données chiffrées, à ne pas évoquer des chiffres peu glorieux, surtout que ceux que vous évoquez n’excluent pas les encellulements individuels sur les QD, QI, QS, QER, QM, SMPR ainsi que tous les « seuls en cellule ». Le rapport de surpopulation correspond alors à une réalité de coursive ordinaire et alarmante, celle de votre personnel qui gère et qui souffre en silence !

 

Notre organisation, FORCE OUVRIERE, vous invite à plus de modération, car il est beau de brandir l’apaisement social lorsque la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis brûle et que vous soufflez sur les braises, drapées dans une dignité offensée…

 

Le management par la terreur, celui que vous avez choisi et depuis trop longtemps usé et abusé envers le Corps d’Encadrement et d’Application comme celui du Corps de Commandement est révolu.

 

Personne ne nous fera taire, ni vous ni vos fidèles serviteurs…Vous n’êtes là que pour faire souffrir vos subalternes et servir vos propres intérêts.

 

 

Lors du dernier CHSCTS local, le Directeur Interrégional qui, lui aussi en grande difficulté face aux événements, fait mine de vous soutenir a reconnu que : « sans dégager de responsabilité, personne n’a tiré de signal d’alarme » concernant les événements dramatiques qui ont secoué notre établissement.

 

Vous vous défendez désormais de porter réellement la parole de vos personnels auprès du Parquet, quid des 260 dossiers de protection statutaire en carence et les dizaines de milliers d’Euros en souffrance quant aux dépassements d’honoraire non remboursés et autre frais médicaux engagés par votre personnel aux abois pécuniairement ? Sans compter que cela les met systématiquement en difficulté lors de leur consultation chez les praticiens qui ne souhaitent attendre un remboursement qui est leur dû.

 

À l’invitation du DI, nous ne manquerons pas de lui envoyer un tableau des nombreux dossiers en litige, à défaut d’un traitement local.

 

À ce titre, nous demandons également qu’un groupe de travail soit immédiatement mis en place sur la protection statutaire. Ce groupe doit réunir les RH, les responsables de structure, les ADP ainsi que le cabinet d’avocat qui en charge de la défense de nos personnels. Il y a urgence à agir au vu du nombre d’incompréhension de la part des agents quant au suivi de leur dossier et des acteurs cités qui nous demandent ce groupe.

 

Si vous êtes choquée des commentaires sur les réseaux sociaux où déferlent de la colère, il faut vous faire à l’idée que c’est un espace démocratique de décharge émotionnelle. Ce lien dématérialisé est le seul espace où les agents ont besoin de se sentir écoutés, notamment lorsqu’ils ont des inquiétudes et une colère légitime.

 

En somme, nous vous invitons à recentrer votre politique managériale sur l’Humain.

 

Des hommes et des femmes, qui, tous grades et tous corps confondus, soutiennent à bout de bras votre établissement se sentant bien trop souvent esseulés, et abandonnés par une direction locale qui les méprise et parfois les humilie !

 

Nos collègues sont fatigués, au bord du gouffre, croulant sous une charge temporelle démesurée, sans parler du doute qui s’est installé dans leurs pratiques professionnelles remises en cause à de trop nombreuses reprises. À ce rythme-là, nous ne passerons pas l’été sans un nouveau drame et ce n’est pas faute de vous l’avoir tant répété oralement et par écrits ces derniers mois !

 

Nous exigeons des groupes de paroles et l’instauration d’une enquête sur le bien-être au travail dont les résultats devraient vous alerter dès la synthèse reçue sur votre bureau… Pour peu que vous ne les « lisiez ».

 

Enfin et surtout, nous vous prions de garder vos pamphlets, vos plaidoiries, pour des instances toutes autres…Madame, il ne s’agit pas d’un acharnement contre votre personne mais bien le temps pour vous et vos fidèles serviteurs d’une prise de conscience qui s’impose. Les personnels n’accepteront plus longtemps d’être les souffres douleurs de certains comportements, attitudes et paroles totalement dépassés.

 

Madame, vous auriez dû signer « La Directrice, une présence au quotidien… »

 

Lire le communiqué

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

Reforme du CDC et du CEA : MERCI aux fossoyeurs du personnel de surveillance

1/1
Please reload

Posts Récents
Please reload

Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square

SYNDICAT NATIONAL PENITENTIAIRE FORCE OUVRIERE

3 Avenue de Bellevue 91210 DRAVEIL –Tel : 01.69.39.10.00

www.fopenitentiaire.fr – Courriel : secretariat@fopenitentiaire.fr