Commission d'Habillement du 6 juin 2018 : Des avancées en demi-teinte !

07/06/2018

 

Mercredi 6 juin 2018, se tenait la première commission habillement de l’année, la précédente datant du 9 octobre 2017 (bien avant le mouvement social de janvier 2018).

 

Cette instance, pilotée par le Bureau des Équipements, des Technologies et de l’Innovation (BETI) et la Sous-direction de la Sécurité Pénitentiaire (SP2), devait se tenir sur trois heures de temps, avec deux heures pour les personnels de surveillance et une heure pour les personnels techniques… alors que l’ordre du jour était pourtant conséquent. C’est dans cette instance que sont remontées les doléances des Personnels du terrain concernant l’équipement ! C’est dire le temps et l’importance qu’accorde la DAP aux personnels…

 

Durant près de 12 semaines, des collègues de la MA Saint Pierre, MA Bayonne, MA Laval et de la MA Saint Pierre et Miquelon, ont testé un nouveau pantalon dont la matière contenait de l’élasthanne.

 

Globalement, les Collègues sondés sont plutôt satisfaits de la nouvelle matière, même si des récriminations persistent quant aux boutons / pressions, et un décalage de la taille.

 

Le SEP s’engage à réajuster les coupes et tailles et a déjà généralisé les doubles pressions.

 

Le Syndicat National Pénitentiaire FORCE OUVRIÈRE a demandé que la poche latérale garde un zip pour la fermeture à la place du velcro et que celle-ci soit plus ample, permettant ainsi d’y ranger des affaires plus épaisses et de faire cesser les bruits de velcro, notamment dans les tribunaux. Ce que la SEP va retravailler et nous reproposer pourrait être mis en production d’ici la fin de l’année pour un déploiement généralisé en 2019.

 

Un nouveau T-shirt à destination des Collègues de l’Outre-Mer nous a été présenté. Plus respirant et plus léger. Deux organisations syndicales ont réclamé le port du T-shirt Outre-Mer par les personnels métropolitains. Les représentants de la DAP y sont opposés. FO Pénitentiaire préférant que celui-ci puisse être porté par les Équipes de Sécurité Pénitentiaire, sous le gilet pare-balles ou gilet tactique.

 

Un nouveau polo est aussi proposé. Plus solide, mais plus agréable à porter. La matière est identique à celui de la Gendarmerie Nationale. FO Pénitentiaire a validé cette proposition, rendant les effets d’uniforme plus ajustés et crédibles.

 

À compter du 11 juin, la DAP propose que 85 personnels de la MA Limoges, MA Agen, CP Meaux-Chauconin et CP RennesVezin, testent 3 paires de chaussures chacun, jusqu’au 30 septembre.

 

Les marques proposées sont Magnum, Meindl et la nouvelle version du SEP/RIEP que nous montre le BETI mais qui n’est pas en mesure de nous montrer les deux autres modèles.

 

Le BETI rappelle que les chaussures doivent répondre à des critères et un cahier des charges lié à la sécurité précis comme : une semelle anti-écrasement, anti-perforation, anti-dérapante, résistante à la chaleur jusqu’à 300°c…

 

En tout premier lieu, FO Pénitentiaire réclame que la période de test soit plus longue. Il n’est pas envisageable d’assurer un retour des tests pertinent pour des chaussures qui nécessitent au moins 3 mois chacune pour se faire aux pieds de l’usager, notamment à cause du cuir. Ainsi, FO Pénitentiaire a demandé que le test des trois paires de chaussures dure 9 mois, d’autant que la période initiale de 4 mois de test comporte les congés estivaux.

 

L’organisation dite majoritaire s’est empressée de vouloir rediscuter le cahier des charges, proposant de supprimer la nécessité de résistance à la chaleur des semelles. En effet, selon cette organisation, les Personnels de Surveillance ne sont pas en contact avec la chaleur, et si un feu de cellule se déclare, la consigne qui est donnée aux personnels est de rester en sécurité, hors de la zone de feu… Pire, le représentant de cette organisation a assuré aux membres de la Commission Habillement que même les Sapeurs-Pompiers ne sont pas dotés de chaussures dont les semelles ont une certaine

résistance à la chaleur… C’est dire l’amateurisme et la rupture avec le terrain qu’affiche cette organisation, signataire du relevé de conclusions qui a éteint…pour le coup, le feu qui se propageait dans les détentions, en janvier dernier !

 

Cette organisation qui se dit militante en faveur de la sécurité réclame donc des chaussures moins sécuritaires pour les Personnels qu’elle dit représenter…

 

Enfin, d’abord en accord avec une période de test plus longue, l’organisation majoritaire est finalement revenue sur sa déclaration, réclamant de maintenir la période de test comme prévue par la DAP…

 

La DAP précise que la marque GK Pro ne répond pas aux critères de sécurité requis par l’administration pénitentiaire et que si un agent devait être blessé et qu’il n’est pas détenteur de la dotation AP, la responsabilité de celle-ci serait dégagée.

 

Le prototype SEP/RIEP présenté garde un laçage rapide avec un seul zip sur le côté extérieur, une tirette à l’arrière, une semelle avec amorti, anti-écrasement… Quand FO Pénitentiaire demande quel est le coût de production de cette nouvelle paire de chaussures, on apprend qu’il est identique à celui des chaussures actuelles…moins de 80€.

 

En somme, on nous a présenté un seul des trois modèles testés, celui de l’administration pénitentiaire, qui ressemble étrangement à la dotation actuelle, et qui a les mêmes coûts de fabrication… On peut aisément tirer des conclusions sur le test à venir…

 

La DAP nous confirme qu’elle reviendra vers nous dans les prochains jours concernant la durée de la phase de test. On a quand même senti un certain empressement qui pourrait coller à un calendrier signer en janvier dernier.

 

Le Syndicat National Pénitentiaire FORCE OUVRIÈRE déplore que les PREJ ne sont pas inclus dans le test chaussures. La DAP précisant que ceux-ci seront dotés de chaussures prévues davantage pour la marche/course, comme les ERIS. Pour autant, la DAP propose qu’un autre test à destination des Personnels PREJ soit organisé avant la fin de l’année.

 

Concernant la modification de la dotation des EJ/EJV, proposée par la DAP, FO Pénitentiaire a d’abord réclamé que nous parlions désormais d’ESP, puisqu’à terme, les ELAC, PREJ, ENT, UH seront intégrés aux ESP et que la dotation sera commune. La DAP s’est entêtée à ne pas vouloir aller dans ce sens, estimant que les ESP n’existaient pas encore…

 

Pour autant, le BETI propose, en dotation pour les PREJ, une veste type SoftShell, identique à celle des ERIS, permettant un meilleur accès à l’arme… et permettant aussi à l’AP de supprimer la dotation blouson et parka.

 

Sur proposition du BETI, la veste SoftShell serait entichée d’une bande bleue type « gitane » comme sur les pulls et polos.

 

FO Pénitentiaire s’est opposé seul à la bande gitane, rappelant qu’il n’existe aucune veste, blouson ou parka ainsi identifier et qu’à l’inverse, FO Pénitentiaire propose qu’un flap rétroréfléchissant à l’arrière permettrait d’identifier le Personnel Administration Pénitentiaire et augmenterait la visibilité sur la voie publique des Personnels en tenue.

 

Fidèle à ses convictions « Anti-Anti », l’organisation signataire du relevé de conclusions de janvier 2018 s’est opposée à la proposition formulée par FORCE OUVRIÈRE, tout comme la troisième organisation. Les arguments portés par notre Organisation ont eu raison de la logique ufdapienne, rappelant que l’été, le gilet pare-balles porte le flap « Administration Pénitentiaire » et que l’hiver ce sera la veste SofShell.

 

Le BETI soumet aussi pour validation, le retrait du polo manches longues en faveur de la chemise F1 type ERIS, de couleur bleue, avec double écusson et gitane AP. Le BETI soumet aussi des T-shirts proche du corps pour mettre sous les gilets, avec un tissu plus léger mais aussi résistant.

 

Aussi, le BETI souhaite proposer une paire de gants unique en remplacement de la dotation actuelle, pour les personnels EJ. Le Syndicat National Pénitentiaire FORCE OUVRIÈRE insiste pour dire qu’une seule paire de gants ne suffit pas. Il est improbable de penser que les personnels EJ peuvent se contenter d’une seule paire de gants, surtout si on anticipe le déploiement ESP. Une paire de gants pour le maintien de l’ordre et une paire de gants pour les gestes professionnels est un préalable. La réponse du BETI nous a laissé…pantois. Parce que l’organisation dite majoritaire dit que c’est inutile, il faudrait se contenter de cette réponse. Non ! Pour FO PÉNITENTIAIRE, c’est la mission qui commande l’équipement, d’autant que les Collègues ESP interviennent dans le cadre de missions préparées en amont. Finalement, l’UFDAP capitule disant « qui peut le plus peut le moins » … et la troisième organisation conclue qu’il ne faut pas léser les Collègues de la détention.

 

En réponse, le BETI constate un consensus des trois organisations et déclare qu’une paire de gants de palpation et qu’une paire de gants de maintien de l’ordre doteraient les Personnels ESP.

 

Le BETI propose aussi la dotation d’un écusson avec le groupe sanguin et une trousse individuelle de premiers secours.

 

Le Syndicat National Pénitentiaire FORCE OUVRIÈRE interpelle l’administration sur le holster de cuisse, demandant les arguments en contre. Les représentants DAP évoque un test et une étude menée par la DGPN dont les conclusions étaient plutôt négatives : mise en risque des passagers en VL, risque d’arrachage plus élevé… pour autant la Police Nationale réserve le holster de cuisse à ses équipes GI / BRI.

 

Après les conclusions négatives, FO Pénitentiaire demande alors qu’elles étaient les conclusions positives, ce qui a déstabilisé nos interlocuteurs. Pour nous, il est envisageable d’avoir un port de l’arme à la cuisse et de passer sur un port amovible à la poitrine en véhicule. Il s’agit d’être réactif dans une situation de péril !

 

La DAP, soutenue par son complice habituel propose alors que les représentants des organisations rencontrent les instructeurs de la Police Nationale.

 

Le BETI précise aussi que des gilets pare-balles à port lourd équiperaient tous les PREJ.

 

Enfin, le Syndicat National Pénitentiaire FORCE OUVRIÈRE, en préambule, constate que les Personnels ELAC ont tous une tenue disparate, ce que partage les représentants DAP. Pour eux, l’objectif est de cadrer en dotant toutes les ELAC d’une combinaison bleue du SEP/RIEP, avec velcro ELAC rétroréfléchissant dans le dos, sans apposition du numéro de département, avec une paire de gants pour les fouilles de cellules, une lampe de poche, généralisation d’une boite à outils pour démonter les caches éventuelles d’une cellule, comme les luminaires. Ce qui renvoi à la question de l’habilitation électrique pour ces personnels, nécessaire pour ce type d’intervention. La DAP pense ainsi à stopper les fouilles nécessitant ce type d’habilitation.

 

Pour FO Pénitentiaire, c’est prendre le problème à l’envers : pourquoi doter les ELAC d’une cotte moins sécuritaire ? Ainsi, nous avons réclamé les mêmes combinaisons que les ERIS (anti-feu, avec soufflets et protections coquées aux genoux). Si l’AP ne semble pas opposée, le SEP dit qu’elle risque de connaitre « un problème de grande complexité » … !

 

Que nous avons finalement compris comme étant des contraintes de coûts ! Mais pour FO Pénitentiaire, la sécurité n’a toujours pas de prix. Et puis, pourquoi stopper la dotation de boite à outils ? Les caches en cellules peuvent aussi se trouver dans les réfrigérateurs, les canalisations sanitaires… Ainsi, sur notre proposition, la DAP pencherait vers une généralisation de la formation habilitation électrique.

 

Le BETI nous fait savoir que la dotation ELAC serait renforcé d’un miroir et d’une pince de poche pliante type scarabée, déjà en test par l’ELAC Condé sur Sarthe.

 

À cela, FO Pénitentiaire a aussi demandé la dotation de T-shirts ajusté à passer sous la combinaison. Le DAP a validé notre demande en dotant de deux T-shirts identiques aux ERIS, chaque personnel ELAC.

 

S’agissant des écussons, le BETI et la DAP sont d'accord pour la création d'un écusson commun ESP à toutes les équipes qui la composent. Cela dans l'attente d'une validation de doctrine d'emploi ESP qui ne saurait tarder.

 

En conclusion, même lorsqu’il s’agit de sécurité, la collusion avec la DAP est toujours de mise et les coûts sont estimés par l’administration comme étant des contraintes. Les ambitions ministérielles ne semblent pas coller aux moyens dont disposent l’administration pénitentiaire mais si elle souhaite en finir avec l’armée mexicaine, la DAP va devoir se fier à des gens de terrain, des experts !

 

Quand on sait que les trentièmes que subissent encore les Collègues, après le mouvement de janvier, vont faire faire suffisamment d’économie à la DAP pour financer la totalité des dotations, on ne peut qu’espérer que les engagements pris en commission d’habillement ce jour seront tenus.

Lire le communiqué

 

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