Plan national de Prévention de la Radicalisation : Prévenir pour protéger ?!

01/03/2018

 

Quand bien même le ridicule ne tue pas, l’incompétence de nos têtes pensantes se soldera par la mort d’un Collègue sur la coursive… et pas seulement !

 

Le 23 février dernier, le Premier Ministre dévoilait « son » plan de lutte et de prévention de la radicalisation, entouré d’une belle brochette de ministres : le Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (CIPDR)

Quels impacts pour l’administration pénitentiaire et les Personnels ?

 

Les annonces qui figurent dans un énième plan concernant le volet sécurité sont des points qui figuraient déjà dans le relevé de conclusions signé entre la ministre et l’UFAP-Unsa Justice 29 janvier dernier.

Quand FO PÉNITENTIAIRE dénonçait que le contenu de ce relevé de conclusions n’est en fait que des projets qui étaient déjà dans les tiroirs et rien de plus, force est de constater aujourd’hui encore, et preuves à l’appui, que nous avions raison. Ce qui rend d’autant plus écœurante la trahison et démontre une fois de plus qu’en matière de sécurité rien n’a été obtenu, grâce à la compromission historique de l’UFDAP !

 

Alors, les signataires du relevé de conclusions veulent de l’administration qu’elle puisse adapter un régime spécifique de détention pour accueillir une population pénale faite de condamnés, terroristes et radicalisés, en disposant d’ici la fin de l’année 2018 d’au moins 450 places en « gestion étanche » : QI, QER, QPR et quartiers spécifiques. Sauf que, actuellement l’administration dénombre déjà 1139 détenus identifiés radicalisés et 512 condamnés pour acte de terrorisme.

Doit-on en déduire qu’un détenu condamné pour acte de terrorisme ne sera pas forcément placé dans l’un de ces quartiers ?

Si tel est le cas, on pourrait être condamné pour acte terroriste et se retrouver en détention ordinaire, elle est où la logique ?

 

Ensuite on nous parle de « quartiers étanches » … Est-il prévu de murer les fenêtres ? Si on peut effectivement éviter le contact physique, comment faire, au sein d’un même établissement, pour empêcher les échanges verbaux par exemple ? Car la réalité montre bien que l’endoctrinement ou le prosélytisme passe, non pas par les contacts physiques uniquement, mais surtout dans les échanges verbaux rendus possible par les infrastructures pénitentiaires actuelles, et hormis à Annœullin, qui est une véritable prison dans la prison, les échanges seront inévitables ailleurs.

 

Alors oui, FO PÉNITENTIAIRE le répète, inlassablement, encore et encore, en revendiquant des établissements spécifiques dédiés, seule garantie d’étanchéité, et non pas uniquement des quartiers !

Ainsi, un détenu condamné pour des faits de terrorisme sera pris en charge au sein de ces établissements afin que son action d’endoctrinement soit stoppée, net !

Aussi, pour gérer les détenus radicalisés, l’administration doit tout mettre en œuvre pour éviter qu’ils ne se radicalisent d’abord. C’est de la prévention et du bon sens !

Si la ministre estime qu’il n’est pas nécessaire d’avoir le baccalauréat pour être surveillant, FO PÉNITENTIAIRE pense surtout qu’il n’est pas nécessaire d’être ministre ou d’avoir fait l’ENA pour comprendre cela !

 

Et puis, quelle gestion, quels établissements, quels quartiers pour les détenus violents qui ne sont ni terroristes ni radicalisés ?

Ceux qui, chaque jour, agressent, prennent en otage, lacèrent, humilient les Personnels… Pour rappel, en 2017, l’administration a recensé 4314 agressions physiques sur le Personnel, 4077 en 2016, 4070 en 2015, 4122 en 2014, 4192 en 2013, 4403 en 2012, 4083 en 2011…

 

Un ixième plan qui ne va rien régler du-tout mais qui va encore coûter de l’argent aux contribuables, et dont l’objectif est surtout de rassurer les Français, n’est-ce pas là le seul objectif de nos dirigeants ?

Car ce n’est pas eux et leurs comparses qui, demain, risquent de se faire tuer en prison, exploser dans un métro, ou mitrailler dans un théâtre. Non ! ce genre de choses n’arrivent qu’aux citoyens lambda !!!

Lire le communiqué

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