Prison de Fleury-Mérogis : CE POUR QUOI NOUS NOUS BATTONS !

 

Le 11 janvier 2018, suite à l’agression de quatre collègues par un détenu radicalisé sur le CP de Vendin le Vieil, un mouvement d’une ampleur historique prenait pied sur les établissements de France et d’Outre-Mer.


Le lundi suivant à 20h00, les barricades de l’Avenue des Peupliers prenaient feu pour un mouvement devant les portes qui durera 12 jours, signal que l’embrasement des Pénitentiaires n’est que la suite logique de dizaine d’années de réformette. Un premier protocole est sortie rapidement le 19 janvier 2018 et les surveillants sont unanimes quant à son insuffisance.


Le contexte était posé :
La Pénitentiaire se meure et Fleury-Mérogis ne lâchera rien !!!


Sans relâche, les personnels de la plus grande maison d’arrêt d’Europe manifestent leur
mécontentement en bloquant les accès, en retardant tous les mouvements, en travaillant en réelle sécurité, allant même jusqu’au dépôt de clefs.


Certains, qui combattaient encore hier, dirons que nous n’avons pas été jusqu’au bout, mais la réalité est tout autre. En deux semaines, les personnels sont montés crescendo, commençant par des retards de prise de service, puis en résistant aux CRS venus les déloger. Résistant à l’insulte où la direction sommait les agents de reprendre le service après s’être fait gazer et matraquer. Prenant leur responsabilité, ces mêmes agents, toutes expériences confondues, ont effectué ce que personne ne pensait possible aujourd’hui sur Fleury-Mérogis : déposer les clefs et refuser de prendre leur service !

 

Les conséquences en détention ne sont pas une surprise et sont assumées. Les personnels sont enfin unifiés pour un combat qui devient le leur, symbole dans les médias de ce qui se passe devant toutes les portes des prisons de France ! Les étiquettes syndicales revenant à leur rôle premier, celui de porte parole d’une profession qui ne peut plus travailler dans ces conditions. Jusqu’au 25 janvier 2018…

 

La Chancellerie et le syndicat majoritaire signent un nouvel accord.
Les personnels sont écœurés et les sanctions seront prononcées !


Pour le bureau local Force Ouvrière, deux éléments sont toujours sans réponse alors que dans les hautes sphères, tous se félicitent d’avoir solutionné la « crise des prisons ».


D’abords sur ce que ce relevé de conclusion ne peut résoudre sous sa forme actuelle : la pérennisation des effectifs. Car oui, la signature de ce texte ne résout en rien la problématique de la Pénitentiaire sur la perte constante de ses personnels notamment sur les établissements parisiens, lyonnais ou encore marseillais.


Sans revalorisation indiciaire et statutaire réelle, les bureaux syndicaux continueront donc à voir les collègues se présenter pour une demande de logement social, car les agences immobilières leur diront qu’ils ne touchent pas assez. Nous continuerons donc à recevoir les collègues pour leur expliquer ce qu’est un avis à tiers détenteur, car ils ne peuvent plus payer leur facture ou leurs impôts. Nous continuerons donc à voir nos collègues se mettre en danger avec des super « magnum » aux pieds

 

mais comme il manquera un agent à l’étage, ils feront au mieux. Nous continuerons donc d’aider les collègues à faire les démarches de détachement dans la Police Nationale, Municipale, dans la Gendarmerie, les Douanes et les Impôts, car cela semble mieux là-bas que chez nous…

 

Car elles sont aussi là les carences sécuritaires, indues à la fuite du personnel

dans les établissements et qui a fatalement une répercussion

sur toute la France Pénitentiaire !

 

Deuxième point, un flou monumental entoure la question des sanctions annoncées aux personnels, mais aussi la retenue des agents en fin de chaque service depuis maintenant plus de deux semaines !

 

Face au mouvement d’ampleur, la Ministre de la Justice a décrété que les agents seraient sanctionnés s’ils ne stoppaient pas le mouvement de grogne. Tout y est passé : du simple retard jusqu’à la menace d’exclusion, en passant par la non prise en compte des arrêts maladies jugés comme concertés sans contrôle médical !

 

Le 29 janvier 2018, une simple lettre syndicale de l’Ufap, ressemblant à une supplique envers la Ministre, demandait la levée des sanctions et annonçait que cette organisation syndicale « n’a jamais appelée aux dépôts de clés, ou encore, aux arrêts maladies concertés » et que les personnels avaient été manipulés. Nous vous invitons donc à rechercher sur YouTube la vidéo de Line Press, Incidents lors d’une évacuation de force d’une prison / Fleury-Mérogis (91), en date du 24 janvier 2018, où le discours de la secrétaire locale Ufap indique le contraire à partir de 1 minute 45…

 

Le bureau local Force Ouvrière assume ses positions et sa ligne de conduite :

Aucune sanction ne vaut la vie d’une mère, d’un père, d’un fils ou d’une fille !

 

Aujourd’hui, après tant de désinformation, de contradictions, les agents sont en droits d’obtenir une réponse sur les sanctions qui seront prononcées à leur encontre. Hors rien ne filtre ! Partant de ce constat, le syndicat Force Ouvrière a pris l’initiative d’organiser une collecte de fond pour tout agent qui se retrouverait en difficulté à l’issue de la prononciation des sanctions. De même, un recours type pour les retenues de 1/30e, pour la non prise en compte d’arrêt maladie, est disponible au bureau local. Il ne sert à rien d’attendre un hypothétique épilogue entre signataires qui n’ont pas tranché la question avant de s’autoproclamer sauveurs de la Pénit’ ! La solidarité préfère une nouvelle fois prendre les devant !

 

Concernant la retenue systématique des agents en fin de service, le bureau local Force Ouvrière demande la levée du dispositif qui génère plus d’incompréhension et de tension qu’autre chose. À décisions collectives, sanctions collectives ?

 

Cette situation n’amène qu’à une seule chose : la pression ne retombe pas, au contraire les personnels seront de nouveau prêts à exploser au moindre incident.

 

Alors maintenant que chacun se pose la question : ces sanctions et la signature de ce protocole ont ils résolu quoique ce soit ? Le combat pénitentiaire a dépassé les coursives, l’audition de la Ministre par le Sénat en est l’exemple même. Les parlementaires s’intéressent enfin à votre cause et réalisent que le malaise est réel et non solutionné !

 

Depuis plusieurs années maintenant, la même certitude a gagné la pensée de tous les personnels pénitentiaires : Qui sera mené à l’échafaud administratif, parlementaire et politique quand l’un des nôtres tombera sur la coursive ? car l’on sait tous que cela va arriver…

 

Force et Honneur

 

Lire le communiqué.

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