Prison de Salon-de-Provence : Lettre aux collègues

 

 

Mes chers Collègues, camarades, compagnons de lutte,

 

Comme beaucoup d'entre-vous, depuis vendredi, une flamme s'est éteinte en moi, pour laisser la place à la tristesse.

 

J'ai été tout comme vous engagé dans la lutte de ces deux dernières semaines, déterminé et persuadé qu'ensemble tout pouvait devenir possible.

 

Cette possibilité qui nous était offerte de voir enfin les Bleus d'une même voix la tristesse et l'incompréhension d'une profession toute entière.

 

Au-delà de la souffrance humaine qui gangrène notre corporation, il s'agissait également de démontrer à nos gouvernants et concitoyens l'agonie de l'institution pénitentiaire Française.

 

Nous avons réussi à ce que ce mouvement de protestation puisse dépasser tous les clivages syndicaux et idéologiques et ensemble, nous avons réussi à paralyser sans communes mesures tout l'appareil judiciaire et voire même plus.

 

Créant ainsi une crise politique sans précédent relative aux questions Pénitentiaires, pour la première fois, nous avons réussi à sensibiliser l'opinion publisque, les médias et a remobiliser beaucoup de collègues qui n'y croyaient plus, l'espoir y était, la force également.

 

L'unité des Bleus nous l'avions enfin retrouvé, à la sueur de nos fronts et au prix de lourds sacrifices, nous avons tenu et bravé l'interdit institutionnel pour dire stop à cette chienlit carcérale qui nous ronge tant.

 

Toutes ces violences qui nous détruisent, jour après jour, toutes ces inconsidérations qui nous réduisent chaque jour passant à devoir admettre cette fatalité qu'est la soumission et l'effacement de soi, toutes ces carences managériales qui nous plongent quotidiennement dans un sentiment d'inutilité, toutes les conséquences qui ruinent nos envies, nos joies, nos familles et nos identités.

 

Nous avons su reprendre notre souffle et reprendre la main sur nos destins, du moins nous le pensions tous !!!

 

Cette vague de contestation a commencé à la suite d'une lourde agression à caractère terroriste sur quatre de nos collègues du Centre Pénitentiaire de Vendin-Le-Vieil.

 

Sans réfléchir outre mesure, nous avons tous compris que le temps de la contestation et des revendications était venu, malheureusement les événements de Tarascon, Mont-de-Marsan, Châteauroux, Orléans et ensuite Borgo n'ont fait qu'accentuer notre désespoir.

 

Sans vouloir entrer dans une comparaison mal placée, cette dernière aura été la goutte d'eau, la violence de l'acte et les circonstances particulièrement morbides de l'événement sont venus mettre en images les craintes que nous avions tous.

 

La peur est malheureusement devenue réalité... Nous devions réagir !!! Pour eux, pour nous !!!

 

Aujourd’hui, je pense donc particulièrement aux collègues qui vont être marqués à vie !!!

 

Ils porteront toute leur vie, les stigmates de ces violences terroristes ou autres ... Garantissons leur tout notre soutien.

 

J'imagine la réaction de nos collègues à l'annonce de la signature : « Tout ça pour ça !!! ».

 

Je suis profondément attristé, notre mobilisation est entrée dans l'histoire de notre administration, c’était le moment où jamais de reprendre la main sur nos avenirs, notre légitimité été sur le point d'être reconnue !!!

 

L’organisation syndicale UFAP-UNSA a préféré signer ce relevé de conclusions, s’ils n'avaient pas signé nous aurions peut-être obtenu plus.

 

Toutefois, ils ont signé seul une proposition qu'ils avaient en partie refusé de revendiquer, concernant l’indemnitaire !

 

Je suis un surveillant militant qui s'est donné corps et âme pour défendre l'intérêt des Personnels de surveillance.

 

Vendredi, avec plusieurs camarades, collègues et amis, nous avons été les seuls à bloquer l’établissement sous la menace de sanction de 15 jours de mise à pied avec sursis, alors que nos homologues ont préféré débloquer l’établissement.

 

Je ne critique pas leurs peurs face à la sanction, mais je tiens à féliciter le courage des militants FORCE OUVRIÈRE et des non-cartes devant la menace.

 

Aujourd’hui, je suis triste pour tous mes camarades qui ont mis leur vie de famille entre parenthèse ces deux dernières semaines pour pouvoir mieux vivre, je reste résolument convaincu que tout est possible avec la force de notre unité.

 

Ce mouvement nous aura permis de resserrer les rangs et sûrement aussi de prendre conscience qu'au final nous n'étions pas si différents que ça, la peur, la crainte et le mal-être sont les mêmes pour tous.

 

Je me dois donc de remercier tous les militants FORCE OUVRIÈRE ainsi que l’ensemble des personnels cartes et non-cartes, pour leur courage et détermination dans cette épreuve.... Ils ont été exemplaire !!!

 

Merci et bravo à vous tous qui vous êtes mobilisés, dans le respect de chaque agent et des forces de l’ordre, votre énergie nous nourrit et nous motive à continuer nos revendications.

 

Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que la mobilisation était bien celle des Personnels et rien d'autre, même si elle vient d'être freinée, elle ne pourra pas s'éteindre.

 

Soyez fiers de ce que vous êtes et continuez !!!

 

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