UISP-FO Hauts-de-France : Délabrement des conditions de travail des personnels de la MA Valenciennes



Madame la présidente du CHSCT-D du Nord,

Par la présente, nous souhaitons vous alerter sur les conditions d’exercice des personnels pénitentiaires de la Maison d’Arrêt de Valenciennes. Le délabrement progressif de certaines parties de la structure est indéniable et montre un relâchement évident à mettre en place une véritable politique visant à améliorer les conditions de travail des personnels.

Pour commencer, la présence de vermine dans les abords, en nombre malgré des campagnes de dératisation, s’explique notamment par l’absence de nettoyage quotidien des abords de l’établissement. Les réorganisations de fonctionnement successives ont mené à ce que le personnel qui effectuait cette tâche il y quelque temps, n’a pas été remplacé, faute de ressource humaine suffisante. A Cela, il faut ajouter le non-remplacement des caillebotis dégradés par la population pénale, l’entretien régulier de ces derniers permettraient de considérablement limiter les possibilités de jet de détritus à proximité immédiate des bâtiments. Si nous n’agissons pas à la source du problème, il n’y a guère de chance que les futures campagnes de dératisation puissent avoir de meilleurs résultats.

Des fuites et des filtrations d’eau sont facilement observables notamment au niveau du couloir donnant accès au Quartier Femme ou encore au niveau de la coursive du Quartier Arrivant. En sus des fuites d’eau, l’utilisation de ces sanitaires inondent la coursive quotidiennement. Ceci est à l’image de l’état des sanitaires de l’établissement, détenus comme personnels.

Au système de contrôle biométrique défectueux, d’interphonie hors-service s’ajoute l’état des postes protégés (PEP, PCI). Au-delà, de la nécessité de procéder à une étude ergonomique de ces postes en vue de leurs réfections, la non réalisation de travaux, comme le remplacement par exemple des vitres fissurées, affaiblit considérablement le niveau de sécurité de l’établissement. Les personnels sont dans l’obligation d’user de stratagème pour effectuer les tâches de contrôle qui sont les leurs. Ces stratagèmes sont d’ailleurs rentrés progressivement dans le fonctionnement classique de l’établissement. A terme, ces manquements structurels pourraient exposer les personnels en cas d’incident. Il y a urgence à agir sur ces points.

Les zones de circulation ne sont pas épargnées, nez de marche cassés, carrelages déchaussés, murs dégradés. La mise en œuvre de travaux d’entretien et de maintenance souffre d’un manque de suivi que l’on peut expliquer, une fois de plus, par des carences de ressource humaine notamment dans les services techniques.


A cela s’ajoute un sous-effectif d’encadrant intermédiaire (1er surveillant, Major) qui a été temporairement pallié par la nomination de deux faisant-fonctions. Il est à noter que dans les jours à venir le poste de gradé BGD sera également laissé vacant.

L’absence de vision à moyen terme de la gestion des ressources humaines et l’absence d’anticipation de la part de l’administration, des départs en retraites notamment, ne permettent pas de manière générale aux établissements pénitentiaires d’œuvrer avec un fonctionnement normalisé. Dès lors, le mode « dégradé » devient la norme, cela est d’autant plus vrai que la structure est petite. Résultat, sur Valenciennes, les personnels sont régulièrement amenés à dépasser leur fonction, leur propre mission. L’une des conséquences est à nouveau l’affaiblissement du niveau global de sécurité du site. A noter, la suppression de certains postes comme le « PEP2 » dont les missions sont soit reportées soit annihilées tous simplement, est à dénoncer.

La résilience de ces personnels, face à l’état de dégradation croissant de leur outil de travail, est admirable et se doit d’être saluée. D’autant que les politiques menées actuellement sur site visent plus à refondre le fonctionnement et l’organisation de la détention que de réellement améliorer les procédures et les outils des personnels eux-mêmes.

Nous espérons, Madame la présidente du CHSCT-D du Nord, que cet état des lieux, non exhaustif hélas, sera porté à la connaissance des membres du comité et vous amènera à procéder à des investigations dans le cadre des attributions qui sont les vôtres.

Ne doutant pas de l’intérêt que vous porterez à cette requête, nous vous prions d’agréer, monsieur le président du CHSCT-D, en nos salutations les plus respectueuses.


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