Prison de Fleury-Mérogis : L'épuisement professionnel à l'épreuve de la crise sanitaire ?



L’allocution télévisée du Président de la République a annoncé sans surprise un confinement général de notre pays à partir de ce jour à minuit pour contenir le caractère submersible de l’épidémie.

Ce confinement métro-boulot-dodo pour faire court appelle aussi pour notre section locale à la mise sous cloches de notre établissement pénitentiaire pour prendre en compte en toute lucidité la gravité de la situation sanitaire décrite.

Mais qu’en est-il du moral des troupes ?

Depuis la crise sanitaire les personnels de notre établissement tous grades et corps confondus sont au front et ont répondu présents, souvent au détriment de leur vie familiale et sociale, pour maintenir à bout de bras nos différentes détentions au bord de l’implosion.

Le constat est clair pour notre organisation professionnelle, une autre crise aussi nous guette et infecte nos différentes détentions et bureaux : l’épuisement professionnel !

Tous les indicateurs sont au rouge et montrent le mal être des personnels et le malaise grandissant au sein de notre établissement pénitentiaire : absentéisme galopant et sa politique de lutte, la flambée des heures supplémentaires et la fatigue engendrée, les intimidations, les menaces en tous genres, les agressions verbales et physiques ont pignons sur nos coursives, harcèlement moral, le manque de soutien, le manque de reconnaissance, le manque de dialogue avec la hiérarchie, tour de vis disciplinaire...

Cette détérioration des conditions de travail est nocive et fragilise la santé mentale et l’intégrité physique des personnels au sein de leur environnement professionnel.

Le moral en berne des personnels se conjugue aussi avec une démotivation qui tend à se généraliser dans notre profession.

Notre organisation tente à travers ce communiqué de les comprendre en l’absence d’une médecine de prévention efficiente et le défaut constaté du rôle des Psychologues des personnels en particulier dans ce contexte sanitaire. Par conséquent, ces différentes expertises font défaut dans l’analyse des situations en toute objectivité afin de dégager des pistes de travail pour conseiller l’administration dans sa démarche de prévention en santé.

Enfin le bureau local Force Ouvrière tient à préciser que la parole du détenu ne vaut pas « évangile » et chacun à son niveau doit faire preuve de discernement et d’objectivité dans les enquêtes préliminaires mettant en cause le personnel dans l’exercice de ses fonctions et non satisfaire le lobby des chiffres et statistiques des associations pro-détenus.

Parallèlement, la réactivité du parquet doit être elle aussi proportionnelle quand il s’agit de collègues victimes de violence sous toutes ses formes dans l’exercice de leur fonction !

De même, notre direction locale doit respecter les décisions des instances et être aussi réactive dans les enquêtes relatives au suicide des personnels.

Le bureau local Force Ouvrière appelle à un sursaut de la communauté pénitentiaire et les encourage à déposer plainte pour toutes actes de violences.

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