Prison de Fleury-Mérogis : D5. Vers une crise de confiance ?

Les graves agressions de nos collègues Grégory et Yanis survenues le samedi 23 janvier 2021, sur le bâtiment D5 ont été la goutte d’eau de trop pour l’ensemble des personnels.

En outre, face à cette overdose d’agressions ces derniers jours ajoutés à certaines décisions incongrues de la part de la direction, Force Ouvrière pointe un sentiment de mécontentement qui tend à se généraliser sur cette structure. Dans ce contexte plus que tendu, tout laisse à penser que ce n’est que la partie immergée de l’iceberg ...

De ce fait, des tentatives de désamorçage ont révélé une exaspération et une fracture voire une crise de confiance des personnels avec leur hiérarchie. Beaucoup se sentent peu écoutés et soutenus malgré une hiérarchie qui se défend d’être ouverte au dialogue et qui semble étonnée du climat actuel. Les observations et les comptes-rendu d’incident des agents sont en partie non traités et les non-dits exprimés sont les témoins de signaux d’un malaise grandissant et d’un épuisement professionnel.

Le manque de communication chronique entre les agents et leur hiérarchie accouche à des demandes contradictoires qui pèsent sur l’ambiance socio-professionnelle.

Par ailleurs, être à l’écoute n’est pas un vain mot c’est aussi être disponible physiquement aux côtés des personnels quand on voit que le navire tangue et sombre.

Si certains sont abonnés à la revue « pas de vagues » ou tentent de minimiser les incidents cela s’apparente pour notre organisation professionnelle à un aveu d’impuissance.

De plus,la gestion en mode « calinothérapie » d’une partie de la hiérarchie à ses limites et le revers de la médaille est un frein pour l’autorité des personnels sur la coursive.

Le bureau local Force Ouvrière continuera à condamner avec la plus grande fermeté les agresseurs de personnels et à exiger des réponses pénales et administratives fortes pour restaurer la confiance et l’autorité des personnels.

De plus, il est inconcevable pour Force Ouvrière de poursuivre des objectifs irréalistes en imposant une liste de surveillances spécifiques allongées au détriment de la santé des agents dont le seul intérêt non avoué de la hiérarchie est le système « parapluie » pour éviter les gouttes en cas de péripéties. De ce fait, nous rappelons que les rondes horaires doivent être accompagnées d’une note de service individuelle émargée par le chef de la structure ou son chef de détention.

De même, les risques suicidaires entre autres doivent faire l’objet d’un signalement aux services médicaux et être répertoriés dans les consignes et signalements. Par ailleurs, une réévaluation doit être effectuée régulièrement afin de mettre à jour ce listing. Le caractère d’urgence et exceptionnel doit être un pré-requis.

Le bureau local Force Ouvrière dénonce ces contraintes de travail excessives qui participent à une dégradation des conditions de travail.

Le bureau local Force Ouvrière demande l’harmonisation dans l’organisation et la gestion des mouvements en détention validé au comité technique de l’établissement.

Le bureau local Force Ouvrière demande la mise en œuvre des conditions d’un management plus participatif au sein du bâtiment D5. Nous rappelons que la relation de confiance est un gage d’efficacité et de bonnes conditions de travail.


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