Prison de Fleury-Mérogis : Déclaration liminaire CHSCT "Protéger, Tester, Isoler"



Madame la Présidente, mesdames, messieurs les membres du CHSCT

En préambule, nous souhaitions remercier l’ensemble des personnels de notre établissement sans exception et sans distinction pour leur disponibilité, leur engagement et leur dévouement à la continuité du service public, en dépit des risques encourus pour eux et leurs familles.

Nous souhaitions souligner également l’investissement remarquable du corps médical auxquels nous associons volontairement l’équipe du pôle SST, pour cette complémentarité dans la mise en œuvre des mesures de préconisations et de sécurité sanitaire.

Sans oublier nos partenaires (ONET -IDEX) ainsi que le DPERM et le DAF qui ont été particulièrement sollicités dans ce contexte particulier.

Nous oublions pas tous celles et ceux touchés et meurtris par ce virus. Sur ce point, il faut reconnaître que la direction locale et son équipe ont effectué un suivi en lien avec les agents infectés dont ils avaient connaissance.

En clair, l’effort collectif prôné dès le début de cette « guerre sanitaire » a eu le mérite de contenir et de freiner jusqu’ici cette épidémie et de maintenir une sécurité qui demeure fragile au sein d’un établissement de la taille de Fleury-Mérogis.

Mais la bataille collective menée au début avec des munitions manquantes, tardives (masques, gels hydroalcooliques, etc..) et une communication fuyante face à un virus décrit comme particulièrement meurtrier par les scientifiques exigeait pour Force Ouvrière une réactivité et des mesures de protections à la hauteur de la menace .

Situations exceptionnelles, moyens exceptionnels !

Pour rappel, dès le début de cette crise sanitaire Force Ouvrière exigeait des masques et un dépistage pour tous. Mais, nous avons été confronté à la malhonnêteté intellectuelle de la Direction de l’Administration Pénitentiaire où leurs discours « vaccinés » maquillaient une pénurie de masques.

Pourtant, le 14 mars 2020 le territoire national est placé au stade 3 où le virus circule au sein de la population. Il aurait fallu attendre que Force Ouvrière saisisse le conseil d’État en date du 27 mars 2020 pour la mise en danger d’autrui par une procédure d’urgence, en référé de liberté pour contraindre notre Ministère à mesurer la gravité de la situation notamment en milieu carcéral.

Par conséquent, dès le samedi 28 mars 2020, certains personnels (et pas tous) ont été dotés de masques, avec une doctrine restrictive surveillée comme le lait sur le feu par le DAP « en contact régulier et permanent de la population pénale ».

Mais, l’épidémie n’est pas encore derrière nous et nous devons inlassablement redoubler d’effort pour respecter et faire respecter les exigences sanitaires requises avec ce probable déconfinement annoncé à compter du 11mai.

Sans surprise, le Directeur de l’Administration Pénitentiaire dans l’impréparation et sans discussion préalable avec les organisations syndicales annonçait par voie de presse la réouverture des parloirs.

Le bureau local Force Ouvrière n’avancera pas masqué et exigera des garanties sanitaires renforcées dans la stratégie d’une reprise d’activité progressive et sereine au sein de notre établissement.

De plus, si le dialogue social au niveau local a été maintenu à un niveau acceptable nous regrettons néanmoins le manque de clarté et de transparence tant sur les chiffres liés au covid-19 que ceux des ressources humaines dans le cadre du plan de continuité d’activité mis en œuvre pendant cette pandémie.

Par ailleurs, nous avons constaté dans cet effort de guerre que la médecine de prévention a fait cruellement défaut pour l’ensemble des personnels.

Pour un établissement de cette dimension,c’est un paradoxe, nous demandons au Directeur Interrégionale de Paris de la réinventer pour répondre aux exigences et attentes des personnels.

Enfin, notre organisation restera vigilante dans un souci constant de principe et de devoir de précaution , pour la non-propagation du virus au sein des maisons d’arrêts de Fleury-Mérogis.

Il est temps que chacun arrête de jouer sa propre partition dans l’intérêt général et d’appliquer le protocole sanitaire en vigueur le plus strictement.

Par ailleurs , le bureau local Force Ouvrière a une responsabilité partagée dans le dialogue social et refuse de s’enfermer dans des appels contre productif « à la désobéissance » des personnels. Chacun doit pouvoir garder la tête froide dans le contexte actuel.

Le bureau local Force Ouvrière réaffirme sa position sur le port du masque pour l’ensemble des personnels qui œuvre au sein de notre établissement .Et la généralisation du dépistage pour les personnels et les détenus.

En définitif, il faudra définir les contours du monde « d’avec » avant d’ébaucher le monde « d’après ».

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