Prison de Coutances : « 1984 », le mauvais remake



Les temps sont durs à la maison d’arrêt de Coutances. Les agents ont depuis quelques mois tous les symptômes d’une grande fatigue psychologique, traduite par une baisse de moral et une importante démotivation. La faute n’en revient pas à la Covid-19 qui fait pourtant des ravages, mais au comportement inapproprié et aux remarques incessantes de notre cheffe d’établissement.

Excès de zèle probablement motivé par de futiles raisons telles que se lancer le défi de voir quels agents craqueront en premier, n’épargnant personne au passage. Nous déplorons déjà des « pertes » : son adjoint, une gradée... et ce n’est qu’un début.

Remarques désobligeantes sur le physique, railleries sur les écrits des agents, ordres et contre-ordres, sarcasmes, insultes à demi-mots : « Les surveillants, je les emme...», changements de fonctionnement des procédures de l’établissement qui ont pourtant fait leurs preuves depuis de nombreuses années, suppression de tout ce qui améliore les conditions de travail des agents, etc...

On peut encore en rajouter, quand par exemple notre cheffe d’établissement reproche à un agent du soir d’être encore à l’établissement à 19h06 alors qu’il finit de passer les consignes à l’équipe de nuit et qu’il leur explique ses observations concernant les derniers arrivants. Voilà la gratitude de notre nouvelle « souveraine », la querelleuse, envers un agent rappelé sur son RH...

Autre gratitude, lorsqu'elle n’hésite pas à dire aux agents : « l'adjoint n'est pas indispensable, il est remplaçable », en parlant de celui qui est pourtant « tombé au champ d'honneur » ! Un manque de respect qui n'étonne plus les agents qui n’ignorent pas qu’elle s’est déjà permis de lui dire de ramener son petit cul de blanc pour le faire venir dans son bureau.

Notre cheffe d’établissement traque les erreurs même insignifiantes, elle piste, elle surveille, elle espionne, comme un mauvais remake du film « 1984 » de George Orwel. Cette obsession énergivore pour elle ne peut qu’amener le personnel à se demander comment elle trouve le temps d’exercer d’autres tâches... À moins qu’elle n’ait rien d’autre à faire...

Les personnels sous ses ordres viennent dorénavant travailler avec la boule au ventre, inquiets de la prochaine remarque ou de la prochaine brimade, inquiets de se voir reprocher une supposée faute plus ou moins imaginaire ou comment leur travail va être dénigré devant les autres services....


Le personnel a également pu constater, lorsqu'elle a été dans l’obligation de remplacer au pied levé une gradée « tombée au champ d'honneur » elle aussi, qu’elle n’a même pas été capable de refermer correctement une porte d’audience en laissant trainer la clé sur le bureau ou de tenir à jour correctement un « simple » tableau d’effectif.

C’est bien la peine ensuite de poser des dizaines de questions aux agents pour tenter de les discréditer sur leur travail !!!

Malgré cela, notre cheffe d’établissement juge bon de prendre le temps de mener l'enquête sur le bureau de la gradée pendant son rendez-vous chez le médecin de prévention, suspectant un arrêt de complaisance. Elle ne voit et ne cherche pas à comprendre la détresse de ses « sujets » qui « tombent », un par un, sans fleur ni couronne, mais gratifiés par ses soins par le déshonneur !

Quand un agent lui fait remarquer qu'elle est sur le dos d’un de ses collègues, elle répond : « Oui, mais c'est un provocateur ! », faignant d’ignorer la différence entre provocation et expression syndicale...

En résumé, ceux qui refusent d’accepter les remarques incessantes de la Cheffe d’établissement sont condamnés à rentrer dans la case des indésirables et doivent en subir les conséquences, justifiées, selon elle.

Non satisfaite d’exercer la pression sur les agents, elle l’exerce aussi sur les différentes OS qui attendent d'ailleurs toujours un nouveau local syndical !

Cette attitude inacceptable gangrène l’ambiance de la MA Coutances, qui jusque-là ne faisait jamais parler d’elle et où le taux d’absentéisme était proche de zéro.

Madame la cheffe d’établissement, l’intersyndicale FO-CGT estime inconcevable de travailler dans ces conditions. Si vous voulez mettre la pression sur les agents, préparez-vous à la subir à votre tour.

  • ·  L’intersyndicale de la MA Coutances exige la fin immédiate de votre comportement, indigne d’une cheffe d’établissement.


  • ·  L’intersyndicale de la MA Coutances exige un réel retour du dialogue social.


  • ·  L’intersyndicale de la MA Coutances exige un local syndical digne de ce nom.

Madame la cheffe d’établissement, notre intersyndicale est plus déterminée que jamais. Si vous continuez à vous acharner sans raison sur le personnel, si vous ne nous permettez pas d’exercer notre droit syndical en général et dans un local dédié en particulier, nous ne manquerons pas d’organiser nos réunions devant les portes de l’établissement, sans manquer d’apporter de quoi nous réchauffer avec le froid prochain qui s’annonce.

À bon entendeur...

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