UISP-FO Hauts-de-France : Au delà des 108h, Travaillez, mais on ne vous paiera pas !


Les personnels pénitentiaires sont particulièrement exposés à la crise sanitaire actuelle tant d’un point de vue personnel que professionnel. Les conditions de travail, déjà ingrates d’ordinaire, le sont d’autant plus aujourd’hui !

Engagés pour l’intérêt de sécurité publique qui les mobilise, ils font face actuellement à de nombreux enjeux ; se préserver des risques de contamination, faire respecter les consignes de confinement, freiner la propagation du virus en détention et surtout assurer la sécurité publique de notre pays en faisant fonctionner les établissements pénitentiaires.

Comme tous les secteurs d’activités, l’administration est touchée par des carences structurelles en personnels aggravées par la crise « CoVid-19 ». Malgré tout elle se doit de continuer de fonctionner, coûte que coûte ! Beaucoup d’établissements fonctionnent à flux tendu en termes d’effectifs. Les collègues enchainent des rythmes de travail conséquents au sein de détention bien agitées, au bord de l’explosion, suite aux restrictions mises en œuvre.

Pour se faire le recours aux heures supplémentaires est inévitable. Déjà de coutume en notre sein depuis toujours, les consommations d’heures sont exacerbées. Volontaires et engagés comme jamais, au risque de leur vie sans doute, nos collègues se rendent disponibles dès que le besoin s’en fait sentir.

Tout comme ses instances, l'UISP-FO des Hauts-de-France revendique le déplafonnement des 108 heures trimestrielles, rendant ainsi possible le paiement de toutes les heures effectuées et sans contraintes calendriers? Depuis 3 semaines la demande est unanime et est relayée au plus haut sommet de l'État. À ce jour la consigne passée par la Direction Interrégionale de Lille aux Services Des Agents est la suivante :

[...les dépassements de 108 heures supplémentaires par trimestre ne peuvent être pris en compte dans le cadre d’une indemnisation comme défini dans l’article 3 du décret du 30 mai 1968 et que des récupérations doivent être programmées dans un délai de 2 mois pour ces dites heures. Etant donné la situation exceptionnelle que nous traversons actuellement, le report « en récupération » (et non en indemnisation) pourra être prolongé si nécessaire au-delà de 2 mois.]

Cette réponse institutionnelle est parfaitement scandaleuse ! elle démontre ô combien les gens qui nous gèrent sont déconnectés de la réalité. Ont-ils pensé aux répercussions d’une telle réponse ? Comment les personnels doivent-ils prendre ce nouvel affront ?

Nous notons néanmoins la dérogation permise de récupération possible au-delà des deux mois.... Merci infiniment pour votre cadeau qui nous va droit au-cœur ! Plus sérieusement votre gestion est à vomir... Vous devriez avoir honte ! Le message est limpide : « Les personnels on verra plus tard, pour le moment achetons la paix sociale...avec les voyous ! ».

Coûte que coûte, a dit le président ! Mais pour ces gens-là, tels de bons serviteurs du service public, leur action n’est dirigée qu’en faveur de leurs chers administrés...

L’UISP-FO des Hauts-de-France considère qu’il s’agit là de la provocation de trop. Nous exigeons quelque chose de légitime, simple et évident :

Toutes les heures supplémentaires effectuées par des personnels pénitentiaires, de toutes les catégories d’emploi, de corps et de grades, doivent être payées et ce dans le délai de deux mois, pour ceux qui le souhaitent !

Arrêtez de vous triturer l’esprit pour savoir comment faire des économies sur le dos de vos personnels. Payez-les pour le travail qu’ils effectuent !

Réfléchissez par contre à comment vous pourriez les remercier, gratifier et récompenser pour leur engagement car pour le moment rien à l’horizon...

Le discours tendant à nous faire croire que vous attendez une réponse ministérielle ne tient plus car si c’était vraiment le cas vous n’auriez pas fait passer cette consigne honteuse. Vous vous cachez derrière l’absence de position nationale, mais en réalité vous n’y êtes pas favorable voilà tout !

A l’instar de nos collègues policiers, nous pourrions dire :

« Pas de paiement, pas de présents ! »

A bon entendeurs

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