DI de Toulouse : COVID-19 dans l'AP, ça ou rien...


En date du 13 mars 2020, le Directeur de l’Administration Pénitentiaire diffusait une note dont l’objet concernait les mesures complémentaires pour assurer la continuité du service au stade 2 de l’épidémie du Covid-19. Cette dernière prévoyait :

1. les missions à assurer prioritairement au sein des structures

2. la limitation des mouvements internes en détention permettant même la suspension de l’accès aux activités, au culte, au sport,,,,

3. l’aménagement des visites aux parloirs et en unités de vie familiale en précisant la possibilité à la fois de limiter le nombre de visiteurs à une personne majeure par visite et par détenu, mais également et surtout «qu’au-delà des mesures de base les parloirs pouvaient être limités, voire suspendus, dans les zones de circulation active du virus»

4. restriction provisoire et proportionnée des transferts administratifs de personnes détenues.

Au-delà du manque de matériels de protection élémentaire criant sur les établissements, ces directives distillées par le n°1 de notre AP, ne trouvaient pour la plupart du temps que très peu d’écho auprès des directions interrégionales attisant ainsi le sentiment d’abandon de ses personnels face à cette tragédie sanitaire.

Depuis le 14 mars 2020 minuit, avec un doublement des cas en 72h (portant désormais à 4500 personnes contaminées dont plus de 300 cas graves), «la France est désormais au stade 3 de l’épidémie qui correspond à une circulation active du virus sur l’ensemble du territoire» selon le Directeur Général de la santé.

Cette décision a immédiatement entraîné la fermeture des restaurants, bars, discothèques et cinémas, ainsi que les commerces non essentiels.

Mais pour la pénitentiaire me direz-vous? Rien !!!

Le néant !!! Le désert de Gobi !!!

La notion de circulation active du virus a été vidée de son sens depuis les belles paroles du 13 mars.

Le politique est capable de prendre des décisions sans sourciller pour le commun des mortels mais lorsqu’il s’agit de faire preuve de courage pour protéger les personnels pénitentiaires de ce fulgurant virus, la main est moite, elle est beaucoup plus tremblante.

Le confort de nos pensionnaires passe avant tout principe de précaution. Précaution qui est malheureusement bien loin désormais.

Ce constat lamentable,conforté par la note du DAP de ce jour sur «les mesures renforcées pour assurer la continuité du service au stade 3 de l’épidémie du Covid-19» atteste encore une fois que la protection et la sécurité des personnels pénitentiaires ne pèsent pas lourd face au bien-être ou au bien-vivre des personnes hébergées ce que nous appelons couramment sous l’appellation paix sociale

Pour l’UISP FO Toulouse, à période exceptionnelle, mesures exceptionnelles !!!

Être mou du genou dans de telles circonstances est un aveu de faiblesse et un manque de respect envers l’ensemble des agents placés sous l’autorité. Cette vérité est blessante, écœurante. Si nous ne pouvons compter sur les décisions courageuses de nos décideurs pour nous protéger, nous serons contraints d’adopter la posture d’autodéfense.

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