Prison de Fleury-Mérogis : Lettre ouverte à la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux


Madame la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

Le syndicat local Force Ouvrière, majoritaire sur l’établissement pénitentiaire de Fleury-Mérogis ne peut que s’associer à l’inauguration de cette micro-crèche au sein de la maison d’arrêt des femmes. Ce projet humain tourné vers la réinsertion a nécessité un investissement total et a associé beaucoup de moyens pour répondre à un besoin réel dans l’intérêt des nouveaux nés. Nous souhaitons et partageons la réussite de ce projet.

Néanmoins, notre organisation syndicale souhaite attirer votre attention sur la situation de vos fonctionnaires sur notre établissement notamment sur la précarité du logement, la vétusté de la maison d’arrêt des femmes et le sentiment d’abandon qui semble avoir trouvé refuge au cœur de notre profession.

Comme vous le savez, une politique de recrutement est menée au sein de notre Administration pour combler les effectifs manquants et répondre aux nouvelles missions confiées à l’Administration Pénitentiaire.

Ainsi, d’ici 2022 c’est près de 1100 personnels supplémentaires qui devront être recrutés mais malheureusement la politique en matière de logement reste insuffisante et est un frein dans le dispositif de fidélisation mis en œuvre et qui touche, entre autre, la plus grande prison d’Europe.

Pour rappel, c’est dans ce contexte de précarité et de manque d’anticipation du ministère de la justice que la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis a accueilli 420 personnels pénitentiaires. Actuellement beaucoup d’entre eux éprouvent de réelles difficultés à se loger. Sans compter toutes les conséquences néfastes sur la vie professionnelle et privée.

Par ce constat, notre organisation a saisi par courriers plusieurs représentants de l’État pour dénoncer l’urgence de la situation décrite.

• Lettre ouverte à Monsieur Julien DENORMANDIE Ministre chargé de la ville et du logement en date du 26 mars 2019.

• Courrier à Monsieur Jean-Benoît ALBERTINI Préfet de l’Essonne en date du 26 juin 2019.

À cela s’ajoute les différentes réunions et courriers envoyés par le Maire de Fleury-Mérogis pour faire état des contraintes de ses administrés sur ce sujet sensible.

Madame la Ministre de la Justice, nous vous sollicitons pour intercéder dans ce dossier pour impulser les bailleurs sociaux à augmenter leurs parcs de logements réservés à l’Administration Pénitentiaire.

De même , nous vous sollicitons également pour encourager et accompagner une politique pérenne locale en faveur des personnels par la construction d’un quatrième foyer hôtel et l’agrandissement de l’unité de vie existant pour favoriser de meilleures conditions d’hébergement . Ainsi que l’extension du Mess pour prendre en considération les différents chantiers et projets sur le domaine pénitentiaire (Le centre de formation et de sécurité, base ERIS , le stand de tir et la rénovation du CJD en centre de Détention).

De plus, il paraît essentiel pour répondre aux exigences de notre profession et assurer ainsi la continuité de service de mener une réflexion sur la création d’une deuxième crèche à horaire atypique.

Par ailleurs, il est incompréhensible pour notre organisation de constater que des projets poussent comme des champignons sur notre établissement et que la maison d’arrêt des femmes demeure l’éternelle oubliée avec son lot de dysfonctionnements au quotidien.

Problèmes dénoncés dans les différentes instances locales, départementales, régionales et nationales par Force Ouvrière.

Si nous concédons que des travaux de rénovation ont été pris en compte et réalisés sur cette entité, nous ne démordons pas que les conditions de travail de l’ensemble des personnels tous corps et grades confondus ainsi que les conditions d’incarcération en détention restent aux antipodes de celles du grand quartier.

Madame la Ministre, nous plaidons pour que ce dossier soit dépoussiéré et remis sur la table avec la mise en œuvre d’un calendrier de rénovation afin d’améliorer les conditions de travail et de sécurité.

Enfin, le mouvement social de janvier 2018 a particulièrement marqué le personnel œuvrant au sein des maisons d’arrêt de Fleury-Mérogis. Et les sanctions prisent à leur encontre allant jusqu’aux jours d’exclusions et retenues sur traitement étaient très significatives et un mauvais signal envoyé. Et nous mesurons au quotidien la fracture de confiance voire de défiance des personnels, vis-à-vis de l’administration pénitentiaire.

Le tournevis disciplinaire ne saurait être la réponse privilégiée pour freiner l’absentéisme ambiant qui est un indice du mal être au travail associé au stress, au harcèlement sous toutes ces formes, à l’épuisement professionnel, à la violence au travail, aux conflits entre collègues etc … et FleuryMérogis ne fait pas l’exception. La démotivation et le désintérêt au travail sont les conséquences de ces maux.

Par ce constat, la santé au travail doit être un enjeu majeur pour l’Administration pénitentiaire. De ce fait, notre organisation professionnelle réclame urgemment un médecin de travail à temps plein pour être au chevet de notre établissement. Nous regrettons cette valeur ajoutée sur les instances locales et en particulier son expertise.

Soucieux de l’intérêt que vous porterez aux points soulevés, veuillez agréer, Madame la ministre de la justice, Garde des Sceaux, l’expression de ma très haute considération.

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#FleuryMérogis

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