Prison de Maubeuge : Conseil d'évaluation 2018


Ce mercredi 11 avril 2018 se tenait le Conseil d'évaluation de l'établissement. Cette instance présidée par le Sous-préfet, réunie le procureur, la présidente du TGI, la Direction interrégionale, ainsi que tous les services intervenants à l'établissement.

Pour la deuxième année consécutive, le SLP-FO avait demandé à être auditionné pour aborder différents sujets. Après lecture d'une déclaration liminaire et pendant près de quarante cinq minutes, les thématiques suivantes furent abordées :

● Surpopulation pénale

Le SLP-FO a alerté le conseil sur la surpopulation en Maison d’Arrêt, pour un effectif de 249 détenus pour 201 places au 02 avril 2018.

La difficulté de gestion pour les personnels s’accentue suite au rallongement des attentes pour accéder aux sports, activités et soins. Les personnels sont les premiers à subir.

Le problème du sous effectif CPIP en Maison d’Arrêt face à cette surpopulation fut également évoqué.

● Effectifs des personnels

Il a été abordé les vacances de poste pour les différents grades.

■ Surveillant : Moins 8, à cela s'ajoute une mise à disposition, un détachement, une suspension, un congé longue maladie et deux surveillants faisant fonction.

■ 1 ier Surveillant : L'établissement a à ce jour une vacance de poste de 4 premiers surveillants et d'un formateur (poste publié à la prochaine CAP spécialistes).

■ Officier : À ce jour, 5 officiers affectés mais 4 quitteront prochainement l'établissement (si seulement, ils avaient été gérés autrement durant le mouvement social…).

Nous sommes dans l'attente du nombre de postes octroyés au CP Maubeuge lors de la sortie de la prochaine promotion.

Le sous effectif entraîne des services dégradés, des rappels incessants, des services longs (12h), peu de week-end en famille. L'administration peine à recruter, le métier est de plus en plus difficile.

Le directeur interrégional a fait part du recrutement massif suite à la signature du protocole de Janvier 2018, je lui ai rappelé que cela ne résoudra en rien les problèmes d'effectifs actuels.

● Sécurisation du domaine pénitentiaire

Il a été de nouveau demandé suite aux bris de glacis, la mise en place d'un éclairage et un câble choc sur le premier grillage où de faire une étude sur la mise en place de panneau plein.

Le SLP-FO a également demandé à Monsieur le Sous Préfet, des rondes régulières des forces de l'ordre. Pour le directeur interrégional, la solution pour éviter ces bris de glacis est l'observation par les personnels, je l'ai donc invité à visiter un mirador en service de nuit ou l'agent est en incapacité de voir l’arrivée d'individus dans l'obscurité.

● La menace terroriste

Il fût abordé la menace terroriste, si celle-ci est bien réelle pour les personnels du CP Maubeuge, établissement accueillant des détenus écroués pour terrorisme. En service ou à l'extérieur, les personnels en uniforme représentent une cible pour toutes attaques.

Depuis la mise en place du pointage, les agents sortent groupés à la fin de leur service et face à la menace comme cela, a eu lieu devant les casernes militaires, il a été demandé à Monsieur le Sous Préfet, la mise en place aléatoire de ronde de Police aux heures de prise et fin de service. Monsieur le Sous Préfet a répondu favorablement à cette demande.

Il a été de nouveau demandé la fermeture à clé du Mess durant la nuit, comment est-ce possible de laisser libre accès la nuit au mess de l'établissement où des personnels sont hébergés en ce temps de menace terroriste.

● Gestion transfert

Comme l'an passé, le SLP-FO a alerté sur la difficulté à faire partir des détenus du CP Maubeuge alors que pour les accueillir, nous avons la palme d'or.

Le SLP-FO a saisi Monsieur le Procureur pour demander que chaque détenu comparaissant au TGI pour une affaire l'opposant à un surveillant soit transféré dès condamnation (translation judiciaire), celui-ci a répondu qu’il passeuré les consignes en ce sens.

Le SLP-FO a également échangé avec les juges d'application des peines, sur les non retraits de remise de peine pour les détenus auteurs de fautes quelques jours avant leur libération.

Ils ont répondu que le retrait devait se faire en CAP ou exceptionnellement hors CAP. Donc de ce fait, je leur ai stipulé que si le retrait par manque de temps ne pouvait se faire, pourquoi l'individu n'était pas placé en garde à vue dès sa libération pour répondre de son délit.

Il est à souligner que Monsieur le Procureur ne concevait pas qu'une organisation syndicale appelait à soutenir un collègue auquel on reprochait être l'auteur de violences sur personnes détenus (jugement avril 2017).

Il lui a été répondu que la présomption d'innocence devait être appliquée aussi bien pour nos pensionnaires que pour les personnels.

● Opération conjointe POLICE/GENDARMERIE

Vu l'augmentation des introductions illicites durant les parloirs, le SLP-FO a demandé à Monsieur le Sous Préfet, la mise en place d'une opération mensuelle de contrôle avec brigade canine durant les parloirs.

Celui-ci a répondu favorablement à cette demande.

DURANT CETTE INSTANCE, DES ENGAGEMENTS ONT ÉTÉ PRIS,

MAINTENANT LAISSONS PLACE AUX ACTES...

Lire le communiqué

#Maubeuge #Conseildévaluation

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