Prison de Fleury-Mérogis : Comité Technique Spécial Amélioration des Conditions de Travail 2018


Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs,

Ce jour, il serait difficile d’ouvrir ces ACT sans évoquer les conditions dans lesquelles les surveillants pénitentiaires de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis effectuent chaque jour leur travail.

En effet, au lendemain du mouvement légitime des personnels pénitentiaires, l’Administration Pénitentiaire et le Ministère de la Justice sont restés, en grande partie, sourds et muets au cri d’alarme de leurs personnels.

Pire, afin d’étouffer toute contestation future, ils ont souhaité les prendre à la gorge, annonçant des situations financières catastrophiques pour le mois d’avril, et bâillonnant ainsi toute forme d’expression d’un personnel à l’agonie.

Alors oui, les ACT 2018 auront un goût amère pour le personnel de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, car au-delà de leur condition de travail, c’est bien avec leur vie qu’ils sont en train de jouer !

La détérioration des conditions de travail est décriée sur de nombreux postes. Pour exemple, la surveillance au poste galerie promenade et dans les périphériques sont une référence en la matière. Le personnel a dû y travailler dans des températures glaciales cet hiver, sans dispositif de chauffage effectif et en l’absence de sanitaire.

Et que penser des nuisibles volants, toujours présents à la PEP de la MAH, et où depuis plusieurs années la seule réponse apportée se résume bien à un fatalisme, mais ce sont bien les agents qui continuent de patauger dans la fiente au détriment de leur santé. Sans compter les remontées d’odeurs d’égouts au sein des ronds-points de tout les bâtiments.

Quant à la MAF, dernière servie dans la politique de rénovation de Fleury-Mérogis, sa vétusté devient un véritable obstacle au bon accomplissement des missions des agents. Les risques d’électrocutions sont inadmissibles et scandaleux, et déroge à la sécurité des plus élémentaires.

Toutes ces problématiques relèvent d’un CHS, inexistant en 2017. Il aurait été préférable d’ouvrir l’année 2018 par cette instance qui aurait une nouvelle fois mis en exergue une des facettes de la souffrance au travail.

Mais tout ceci n’est qu’un exemple et le pire reste à venir…

Le nombre et la violence des agressions ont explosé depuis la mise en application de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, laissant des personnels victimes d’une voyoucratie qui ne cesse d’asseoir son influence dans un contexte de plus en plus permissif. Tout devient matière à la contestation chez la population pénale et ce sont les agents qui prennent les coups !

La gestion des profils, qu’ils soient « psy », terroristes ou simples droits communs, est devenue un véritable mille feuille administratif, où tout semble parfaitement huilé, à la virgule et au clic de souris près. Cependant, ce sont bien les agents d’ailes qui se retrouvent seuls face aux coups quand les réponses ne sont pas apportées ! La déconnection entre travail de bureau et la coursive n'a jamais été aussi grande!

Face à ce déferlement de violence sur PDAP, les personnels n’ont qu’une seule impression : celle de la remise en cause systématique de leur professionnalisme à coup de demande d’explications !

Pour le bureau local Force Ouvrière, il est inadmissible que la perte des connaissances professionnelles soit portée par un personnel qui en arrive à devoir former des élèves par des stagiaires comptant à peine quelques mois de plus qu’eux !

La culture pénitentiaire n'y est plus!

Cette fuite est belle et bien indue aux départs massifs sur les CAP des dernières années, à l’érosion causée par l’augmentation des démissions et détachement, et donc à la stagiairisation croissante de l’effectif des surveillants.

Force Ouvrière ne cesse de vous le répéter, il ne sert à rien de taper sur un personnel en manque d’identité, de reconnaissance et surtout de repères professionnels : cela ne prouve qu’une incapacité à former et accompagner le personnel !

Le management par la terreur et la DE a ses limites

et ses conséquences ne sont que trop simples :

UN DÉGOÛT MASSIF DE L’ADMINISTRATION !

Mais après tout, un personnel sur le départ permettra sûrement d’asseoir son autorité sur des agents contractuels recrutés en masse et de façon précaire, une fois que nos missions seront réévaluées et leur aspect régalien épuré…

Cela est déjà « En Marche » pour certains…

Mais Force Ouvrière sera toujours là pour défendre les agents, leurs missions et leurs conditions de travail !!!

Lire le communiqué

#FleuryMérogis #CTS

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