L'ordre règne à Fleury-Mérogis en 2018 !


Le 16 septembre 1831, le ministre des Affaires étrangères de France Horace Sébastiani, rendant compte devant la Chambre de l’invasion de la Pologne par les troupes russes, à qui le gouvernement refusait de prêter assistance malgré les objurgations de l’opposition, déclara qu'« au moment où l’on écrivait, la tranquillité régnait à Varsovie »

L’opposition transforma la formule en « l’ordre règne à Varsovie », car la réalité était tout autre ! Le 6 septembre 1831, l’armée russe massacra les force insurgées polonaises, mettant fin à l’insurrection et rétablissant l’autorité du Tsar face au vœu d’indépendance de la Pologne, avec la complicité passive du mutisme des gouvernements européens.

L’Histoire vous parle ?

Normal, car sur Fleury-Mérogis l’ordre règne également !

Retenues sur salaire, demandes d’explications à foison, management par la terreur, commentaires contradictoires sur les notations, reports de titularisation… c’est ainsi que les surveillants sont matés sur notre établissement !

Concernant les retenues sur salaire, notre organisation pointe du doigt le chaos dans le recensement des arrêts maladie. Comment peut-on notifier à un agent la retenue de trentièmes alors que celui-ci était hospitalisé ou qu’il était en épuisement professionnel après presque 30h de présence non-stop sur son lieu de travail ? Comment se fait il qu’un surveillant doive étaler les détails de son état de santé pour prouver sa bonne foi ? C’est purement de la trahison du secret médical et un viol de l’intimité des agents !

Aucun tri n’a été fait et on demande aujourd’hui aux agents de se justifier alors qu’ils ne sont pas en tort !

Pour les demandes d’explications le constat n’est pas mieux. Depuis plus de trois ans, la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis a vu son nombre exploser. Aujourd’hui le mot d’ordre est simple, tout se règle par écrit, au diable la pédagogie ! Aucun nivellement dans les fautes, envoyons directement à la Direction Interrégionale et pour l’entretien hiérarchique, aucune utilité, la sanction est réglée d’avance ! Et que dire quand on entend trop souvent le sacro-saint « Ce n’est pas moi, on m’a demandé de mettre la DE » ! Les parapluies sont de sortie et le nom de la « numéro 2 » est murmuré derrière beaucoup trop de procédures…

Mention spéciale pour les stagiaires, rien ne leur est épargné et on leur colle la DE même si aucune faute ne leur est reprochée !!!

Les surveillants stagiaires auront donc eu le droit durant leur année à un programme complet de démotivation… ! Suite au dernier mouvement et aux notifications de trentièmes, les surveillants stagiaires de la 191e ont le droit à un traitement spécial : Le report de leur titularisation de 3 à 6 mois pour manquement au code de déontologie en plus du report de leur CAP de titularisation afin qu’ils ne puissent demander la mutation !

Mais rassurons-nous, Madame la Garde des Sceaux, qui répondait au député des Bouches-du-Rhône le 23 février dernier, annonçait de grands changements avec la signature du relevé de conclusion : « Grâces à ces mesures inédites, les personnels seront mieux formés, mieux protégés, mieux reconnus, et fidélisés dans leurs fonctions » !

La fidélisation par la terreur et la démotivation Nouvelle mesure gouvernementale annoncée à l’ENAP mardi prochain ???

Alors oui, la comparaison pourra sûrement paraître dure pour certains mais aujourd’hui c’est bien le mot « répression » qui est sur les lèvres des agents. Deux semaines de conflits, où la pression du ministère n’a jamais cessé, allant jusqu’au bout de sa volonté de sanctionner les agents et ne laissant aucune ouverture au dialogue autre que celui d’un relevé de conclusion qui laissera la Pénitentiaire sur ses maux durant les décennies à venir.

Le bureau local Force Ouvrière prévient, la politique menée actuellement, quel que soit le niveau de décision, ne mènera qu’à une seule issue, celle de la démotivation au travail. Et quand on voit les plannings du mois de mars, cela a déjà commencé !

Absentéisme croissant, désintérêt à la fonction, démissions, détachements, non présentation au concours de surveillant.

Les voilà les conséquences du rendez-vous manqué entre la Ministre et ses personnels ! Elles étaient déjà présentes avant, elles ne feront que s’amplifier !!!

Alors, le bureau local Force Ouvrière de Fleury-Mérogis a le regret de vous annoncer que ce n’est pas demain la veille que le rêve de la Directrice de Villepinte s’accomplira : celui où elle voudrait « que dans les livres pour enfants, à cotés des pompiers, des policiers et des gendarmes, il y ait des surveillants pénitentiaires, qu’il y ait des fourgons pénitentiaires et autres jouets ». Les surveillants, notamment ceux de son établissement parmi tant d’autres, seront plutôt dans la presse et au tribunal administratif, sans les fourgons, mais avec des recours à la main et leurs représentants à leurs côtés !

L’ordre règne à Fleury-Mérogis ?

Seulement en apparence et la continuité de la politique de terreur ne mènera qu’à seule chose, l’affirmation d’un navire amiral pénitentiaire plus vide en personnel qu’une certaine ville polonaise ravagée en septembre 1831…

Lire le communiqué

#FleuryMérogis

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