Réforme du Corps de Commandement

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Nous étions habitués depuis plusieurs années à voir une organisation professionnelle ramer à contre-courant de l’évolution de la société et surtout des métiers pénitentiaires !

Nous en avons à nouveau eu la preuve lors de la signature d’un relevé de conclusions pour le corps de commandement négocié dans les anti chambres du pouvoir et à la va-vite pour la bonne image du Ministre de la Justice qui termine son mandat dans quelques semaines !!!

Autant nous savions que l’UFAP-UNSA était sensible aux idées d’un parti politique, en l’occurrence celui du Ministre, autant nous ne pouvions imaginer voir une signature sur un relevé de conclusions qui va pour plusieurs années geler l’évolution d’un corps que tout le monde s’accordait à dire qu’il était nécessaire qu’il puisse passer en catégorie A !

Au même titre que le corps de commandement, celui du corps d’encadrement et d’application devait profiter de cette évolution pour y voir une refonte complète de sa constitution tant sur le plan indiciaire que sur le plan des grades et des missions !

Aujourd’hui l’UFAP-UNSA essaie de nous expliquer sa signature, comme ils l’ont fait en 2013 avec l’accord pour le corps d’encadrement et d’application dont ils ont signé et dont 4 ans après on constate le peu d’évolution des agents tant sur le plan statutaire que sur le plan des missions ! Ah pourtant des groupes de travail, il n’en manque pas mais pour quelle issue ?

L’excuse avancée par l’administration sur cette réforme du corps de commandement et le non passage en catégorie A est que la Fonction Publique refusait toute évolution globale de ce corps.

Ceci est un mensonge tant le dossier a été présenté d’une façon tronquée et sans aucune volonté de nos dirigeants, ficelés par des accords secrets avec une organisation professionnelle seulement !!!

Aujourd’hui s’il est vrai qu’un relevé de conclusions est signé, les décrets doivent maintenant être discutés.

Un relevé de conclusions n’est pas ce qui fait le statut !!!

D’ailleurs pourquoi ne pas avoir abordé dans le relevé de conclusions les vraies questions que posent toute évolution statutaire ?

– Les grilles indiciaires en période transitoire et pérenne ;

– les conditions de passages d’un grade à l’autre avec le pyramidage de ces grades ;

– le recrutement externe, interne ;

– le 1/5ème, les astreintes ;

– l’IFO, les jours compensateurs ;

– les logements de fonctions ;

– les heures supplémentaires/jours de récupération…

Enfin, autant de sujets éludés et un relevé de conclusions signé à l’aveugle !!!

Il est grand temps de prendre en compte la crise chez les officiers qui depuis des années ne voient aucune évolution statutaire et qui voient à nouveau que l’avenir s’assombrit tant les centaines d’officiers qui sont dans les détentions et qui, au jour le jour, font en sorte avec l’ensemble des personnels du corps d’encadrement et d’application de gérer au mieux des coursives en ébullition. Ils seront les grands oubliés, par une réforme qui les laissera sur le carreau !!!

La seule consolation serait qu’ils n’auront plus l’article 10 !!! Oui d’accord mais après…

 

Attendons pour voir !!!

Tout sera fait pour ceux, dont nous ne mésestimons pas les fonctions importantes qui occupent des postes de chefs d’établissements, d’adjoints ou sur des postes à responsabilités en DI, ENAP… mais qui des autres ???

Cette réforme, qui est étalée de 2018 à 2020 si tout va bien, n’apporte donc concrètement rien aujourd’hui aux officiers qui vont devoir, pour un grand nombre, attendre 2020 pour une évolution si minime soit-elle, de leur statut !!!

Et on devrait se contenter de cela ? On devrait parce qu’une organisation minoritaire dans le corps de commandement dit que tout va bien, se baisser, dire merci et attendre patiemment 2018, 2019 ou 2020 pour une réforme au rabais ?

FO PENITENTIAIRE DIT NON !

FO Pénitentiaire ne peut cautionner qu’une telle réforme qui engage le corps de commandement pour des années, soit une réforme à minima alors même que le corps de direction dans son intégralité, a bénéficié d’une évolution statutaire !

Aurions-nous au sein de la DAP, de l’UFAP-UNSA ou d’autres groupuscules, des intérêts particuliers pour que le personnel de surveillance soit à ce point aussi mal reconnu alors que nous sommes la 3ème force de sécurité publique et que nous venons d’intégrer le 2ème cercle du renseignement ??

FO Pénitentiaire ne peut être spectateur d’une braderie organisée sur le dos des personnels !!!

Les détentions sont à bout, les effectifs n’évoluent pas, les missions s’accumulent à effectif constant et cerise sur le gâteau : on coûterait trop cher à des réformes statutaires ambitieuses ???

FO DIT NON, N’EN DEPLAISE A CEUX QUI BRADENT L’INSTITUTION !!!