1869

Avec le statut de 1869 accordé par l’Empire libéral, les gardiens de prison sont devenus des fonctionnaires « comme les autres » ; depuis les dernières années du XIXème siècle, ils ont entamé, avec l’ensemble de leurs collègues agents de l’Etat, une lutte au plan associatif puis syndicale afin que leur situation matérielle, mais aussi leurs conditions de travail, se trouvent améliorées.

1884

Le droit syndical est reconnu par la loi du 21 mars 1884, mais différents arrêts (Conseil d’Etat et Cours de Cassation) excluent les fonctionnaires du bénéfice de la loi.

Dans la lutte sociale, la lutte pour la dignité des hommes, les gardiens de prison vont batailler ferme aux côtés des autres catégories de fonctionnaires au sein d’amicales ou d’associations d’abord, de syndicats en suite. Les gardiens sortent du ghetto où ils étaient jusqu’ici restés confinés.

1905

La première association de gardiens, baptisée Association Générale des Agents du Service de Surveillance de l’Administration Pénitentiaire, est fondée le 12 décembre 1905. Auparavant, l’Amicale des gardiens de la paix (recrutés dans les mêmes conditions que les gardiens de prison) accueillit pendant un temps les gardiens, et son journal « le sergent de ville » leur offrit une tribune à partir de 1903.

1906

Le premier journal de l’association des gardiens est « l’Etoile Pénitentiaire » qui commença à paraître en 1906, puis rapidement un nouveau titre s’imposera « le Réveil Pénitentiaire ». L’association esquisse tout un programme de revendications très précises, notamment formalisées au travers des vingt et une propositions élaborées par Richet (fédéraliste, a été fondateur du syndicalisme pénitentiaire. Sa position ferme et sa grandeur de vue lui a valu sa révocation, pendant une certaine période). Les propositions exprimaient un profond désire de reconnaissance en même temps qu’une conception nouvelle de ce qui pourrait être un métier.

Forte de 2000 adhérents sur 3000 « gardiens », l’association représente une avancée et devant l’ampleur du phénomène associatif, Clémenceau, Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement mis en place le 14 mars 1906, décida d’abord de temporiser : tolérer les syndicats de fonctionnaires déjà constitués ; interdire les nouveaux .Le Ministre entendait se montrer ferme quant à l’exercice du droit de grève.

Il faut savoir par ailleurs que certaines administrations, dont la Pénitentiaire, commençait un long débat sur le Statut Spécial. En effet, certains dirigeant voyaient surtout dans la naissance du syndicalisme pénitentiaire une menace pour la discipline sur laquelle, selon eux, l’Institution reposait et ne pouvait que favoriser la crise de la répression.

1907

Ainsi en 1907, elle rallie le «Comité Central pour la défense du droit syndical des salariés de l’Etat » (ce Comité fort de 400 000 adhérents, regroupait les plus modestes agents et prônait une émancipation des petits fonctionnaires) en signant une lettre ouverte où était exposé deux idées fondamentales « l’Etat est un patron comme un autre » et réclame par conséquent de pouvoir se syndiquer, question fort controversée à l’époque. De surcroît un contre-pouvoir syndical était en germe, ce qui eu pour effet la révocation de nombreux militants syndicaux, l’Association des gardiens de prison dut céder aux pressions et se renier en déclarant que sa signature lui avait été extorquée ; le Comité Central et la Fédération des Fonctionnaires furent disloqués. A la suite de ces événements, une nouvelle Fédération devait se reconstituer le 4 décembre 1909.

Le premier Congrès de l’Association Général des gardiens de prison (février 1907) se prononcera à une forte majorité, pour le rattachement au Ministère de la Justice.

1908

Le rapporteur du budget pénitentiaire de 1908, Chastenet, attribuait le relâchement de la discipline dans les prisons à l’indiscipline du personnel de garde. Il rappelait que les gardiens sont, avant tout, des agents de la force publique, assimilés aux gendarmes et à la troupe armée. Il demandait à ce qu’ils fussent complètement militarisés.

1912

Le 11 novembre 1912, le personnel de l’Administration Pénitentiaire disposa très vite de 5 associations dont 2 pour les gardiens, l’Association Générale et l’Amicale des Gardiens de la Seine, une pour le personnel administratif, la Mutuelle du personnel Administratif, une pour les gradés, l’Union des Gradés (Association des Directeurs d’Etablissements Pénitentiaires).

L’Association Amicales des Gardiens de la Seine était l’héritière de toute la première éclosion du syndicalisme pénitentiaire, quand les gardiens avaient d’abord trouvé refuge auprès de l’Association des Gardiens de la Paix. Elle devait très vite fusionner avec l’Association Générale.

1919

En mai 1919, un rapport du Garde des Sceaux officialisait l’Association Générale des Agents du Service de Surveillance de l’Administration Pénitentiaire.

Notre administration est placée sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur depuis la parution de la loi du 19 Vendémaire, An IV, art.2. Depuis un décret du 13 mars 1911, l’Administration Pénitentiaire est rattachée au Ministère de la Justice dont elle constitue l’une des Directions.

1955

Notre syndicat est né dans les années 1954-1955 de la volonté d’une poignée de camarade et s’intitulait : Syndicat National CGT-Force Ouvrière des Personnels Pénitentiaires de France et d’Outre-mer.

En 1955, le premier congrès de notre syndicat se tient à Paris. En 1963, on assiste à la création de la Fédération des Personnels Pénitentiaires Force Ouvrière, qui se constituera, à la suite du congrès de 1972 en Fédération Justice Force Ouvrière.

1972

En octobre 1972, intervient une réforme profonde des structures de notre Fédération par la création de trois syndicats nationaux : le Syndicat National des Personnels de Direction, le Syndicat National des Personnels Administratifs et le Syndicat National des Personnels Techniques.

1986

Le 9 décembre 1986, Jacques Vialettes se sépare définitivement de cette Fédération, dont HP Bonaldi était le Président et Jacques Vialettes, le Secrétaire Général.

Notre Syndicat a vu son appellation modifiée à plusieurs reprises, ainsi lors du congrès de 1988, il se transforme en Syndicat National Pénitentiaire Force Ouvrière (SNPFO). Depuis son appellation est restée la même.

Les Secrétaire Généraux du SNPFO :

1955

De 1955 à 1958, Edmond ESCOT, Surveillant Auxiliaire à Titre Temporaire et Révocable de la Maison d’Arrêt de Paris la Santé. A noter que notre camarade ne bénéficiait d’aucun détachement syndical, la réglementation de l’époque ne le prévoyait pas. Il prendra sa retraite auprès des siens dans la région de Muret.

1958

En 1958, lui succède Pasquin Dongrazi, Surveillant de la Maison d’Arrêt de Chartres (Il est impossible de définir la durée de son mandat faute d’archives). Il disparaîtra tragiquement en 1972.

De 1958 à 1976, René Roussel, Surveillant Auxiliaire à Titre Temporaire et Révocable de la Maison d’Arrêt de Paris la Santé, issu des terres du Nord il restera à la tête de notre organisation pendant 18 ans. Il fera parti de ces 1000 agents qui ont dû attendre 8 ans avant d’obtenir leur titularisation. Ce militant de la première heure est le fondateur du Syndicat des Personnels de Surveillance Force Ouvrière, il sera nommé Surveillant-Chef en 1969, il décédera en mars 1988, à l’âge de 66 ans.

1976

En 1976, Gérard Mazoué, Premier Surveillant au Centre Pénitentiaire de Fleury-Mérogis devient le quatrième Secrétaire Général de notre organisation. Pour des raisons de santé, il ne pourra venir à bout de son mandat, il sera remplacé d’octobre 1977 jusqu’à mars 1979 par Jacques Gallecier, à l’époque, Surveillant-Chef du Centre Pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Après sa mise en retraite en 1979, il s’occupera de la section des retraités.

1979

De 1979 à 1991, Jacques Vialettes, Surveillant-Chef à l’ENAP est élu Secrétaire Général de notre syndicat. Pendant 12 ans il va se consacrer corps et âme à la défense des intérêts des Personnels Pénitentiaires. Suite aux résultats des élections professionnelles, le 20 février 1991, Jacques Vialettes se donnera la mort, à l’âge de 61 ans. Jusqu’au congrès d’Evry en septembre 1991 c’est René Champagne qui assurera l’intérim.

1991

De 1991 à 2002, Serge Alberny va occuper les fonctions de Secrétaire Général du SNPFO et combler le vide que laisse derrière lui notre camarade Jacques Vialettes. Il combattra l’arbitraire et tirera vers le haut la condition pénitentiaire. Ce catalan d’origine a pris sa retraite sur les terres qui l’on vu naître.

2002

De 2002 à 2013, Christophe Marques a, avec détermination et au travers un syndicalisme
libre, dernier rempart de la démocratie, su faire fructifier l’héritage historique de toute une profession par le combat du SNP-FO. Son positionnement sans concession vis-à-vis des décisions désastreuses des politiques  qui visaient le Personnels de Surveillance,  a permis au SNP-FO de garder son identité libre et indépendante, socle de notre combat pour l’intérêt Général. Christophe a mis ses qualité au service de l’Outremer au sein de notre Administration à l’issu de son mandat.

2013

Depuis Avril 2013, Emmanuel Gauthrin est notre Secrétaire Général. Il a la tache difficile de se battre pour relever une Administration Pénitentiaire à l’agonie, gangrénée par l’influence d’hommes et de femmes politiques, incompétents en matière Pénitentiaire, qui enterrent toujours un peu plus les Personnels de Surveillance. Sa détermination et sa combativité sera un atout majeur   pour le SNP-FO!

Notre organisation, au travers d’une politique de concertation et de mouvement, a toujours su acquérir et obtenir avec un travail de longue haleine et l’aide des Personnels des avancées conséquentes pour cette profession qui est la nôtre.

VIVE FORCE OUVRIÈRE !

(Merci aux Camarades de Fleury-Mérogis pour leur excellent travail de mémoire, document inspiré des travaux de nos collègues de Fleury et mis en ligne sur leur site http://fofleury.e-monsite.com/